Le problème du golf

Communiqué du collectif Préservons l’eau dans les PO au sujet du projet de club de golf de Villeneuve-de-la-Raho.

Habitants et habitantes des Pyrénées-Orientales,

Le samedi 16 mars 2024, plus de 4 500 personnes ont manifesté pour affirmer leur opposition au projet de golf à Villeneuve-de-la-Raho. Et à juste titre pour plusieurs raisons.

Comme nous le savons très bien, la principale raison de cette opposition est le problème de la ressource en eau. En effet, les Pyrénées-Orientales connaissent depuis 3 ans une sécheresse sans précédent, avec une baisse de la pluie de moitié par rapport aux 30 dernières années, qui s’accompagne d’une forte augmentation de la température. Contrairement à ce que le préfet a affirmé devant les tribunaux, cette sécheresse n’est pas un épisode isolé, mais sera la nouvelle norme du climat des Pyrénées-Orientales.

L’eau devient de plus en plus rare, menant aux restrictions que nous avons connues cet été, et qui frappe de plein fouet nos agriculteurs. Contrairement à ce que prétend Mme la maire de Villeneuve-de-la-Raho, ce projet n’a rien de « vertueux ». Faisons un rapide calcul : comme indiqué dans une étude commanditée par le promoteur, le golf aura besoin de 1 700 m³ d’eau par jour en été, alors que la station d’épuration ne fournit aujourd’hui que 750 m³ d’eau par jour en moyenne. Pas besoin d’être un mathématicien pour comprendre que les eaux usées ne suffiront pas. D’où viendra donc l’eau restante ? La réponse se trouve dans l’accord passé entre le conseil départemental et la mairie pour utiliser l’eau dans le lac de Villeneuve-de-la-Raho. Aujourd’hui du fait de la sécheresse ce lac n’est rempli qu’à moitié. Même avec les restrictions qui pèsent sur les agriculteurs les réserves actuelles ne garantissent pas de pouvoir assurer sa véritable fonction : l’irrigation des terres agricoles. Dans ce contexte il serait irresponsable d’ajouter une nouvelle pression sur cette ressource.

Nous, population des Pyrénées-Orientales, avons réussi grâce à nos efforts à baisser notre consommation d’eau potable de 15 % sur l’année, et même 30 % sur l’été. Nous pouvons individuellement et collectivement en être fiers. Face à cela, ce projet vieux de 20 ans est tout simplement aberrant, « anachronique ». Heureusement qu’il n’est plus possible de prendre des bains, ni d’avoir de glaçons dans les hôtels, nous sommes sauvés !

Rappelons-nous l’été dernier, ce n’est pas seulement les agriculteurs, mais bien l’ensemble de la population qui a subi des restrictions. Dans ce contexte, ce projet de golf sonne comme une provocation : nous n’avons pas le droit de remplir nos piscines, mais on va construire un hôtel de luxe avec une nouvelle piscine. Nous n’avons pas le droit d’arroser notre potager, mais on va autoriser l’irrigation d’un gazon pour quelques golfeurs fortunés. Deux poids, deux mesures !

Cette logique sera-t-elle aussi appliquée par ces mêmes décideurs pour la gestion de notre eau potable, lorsque celle-ci viendra à manquer ? Cette réalité, certains d’entre nous l’ont déjà vécu, de nombreux villages ayant eu des coupures d’eau partielle voire totale ces deux dernières années. Et le niveau des nappes continue de baisser, ce qui ne présage rien de bon.

Avec tout ce qui vient d’être dit, que reste-t-il à Mme la Maire pour défendre son projet de golf ? L’Emploi. Pourtant même sur ce point, le golf ne sera pas à la hauteur. On nous promet 200 emplois mais en comparaison il n’y a qu’une cinquantaine de personnes qui travaillent au golf de Saint-Cyprien, principalement des saisonniers.

Comment, malgré une sécheresse et une opposition inédites dans notre département, ce projet peut-il continuer ? Car on ne nous demande pas notre avis. Le ministre de la transition écologique « boit le café » avec Mme la Maire et le promoteur, mais ni le ministre ni le préfet n’ont pris le temps de recevoir les opposants. Le préfet a décidé le 28 décembre 2023 de prolonger pour 5 ans la déclaration d’utilité publique qui aurait dû expirer début 2024. Et ce sans nouvelle enquête publique alors que légalement il lui aurait été possible d’en refaire une. Le promoteur avait déjà eu 5 ans pour réaliser son projet, il ne l’a pas fait, tant pis pour lui, le contexte climatique a changé, pourquoi ne pas refaire une enquête publique ? Encore un exemple frappant de déni de démocratie.

Nous avons notre mot à dire, c’est notre département, notre eau, notre alimentation. Exprimons-nous !

Nous vous donnerons rendez-vous prochainement, la lutte continue !

Les organisations membres du collectif Préservons l’eau dans les PO

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