lundi 10 août 2020

Pou de les Colobres : quand l’ancien monde tarde à mourir

De temps à autre, au détour d’une discussion, de vieux souvenirs remontent à la surface.
C’est le cas du projet de développement d’une zone d’activité le long du chemin du Pou de les Colobres.
Il s’agit d’un vieux projet datant du début des années 2000 mais dont les PLU de Perpignan et de Cabestany gardent des traces, rendant ainsi ce projet toujours possible.

Carte du Pou de les Colobres
Carte des projets d'aménagement du Pou de les Colobres

Une zone d’activité comme une autre

La zone de la Cote du Sergent en 2020
La zone de la Cote du Sergent en 2020

Depuis la fin des années 70, le développement économique des communes de la périphérie de Perpignan a été assuré principalement par la création de zones commerciales et de zones d’activité. Ainsi, Rivesaltes, Claira, Saint-Estève, Le Soler et Cabestany ont vu très tôt l’apparition de ce type de zones qui, pendant un temps, ont remplacé avantageusement l’activité agricole déclinante.
Cette logique de développement s’est emballée à partir des années 90 et a continue dans les années 2010. Les décideurs politiques locaux sont en fait incapables de penser un autre mode de développement.
À cette logique, il faut rajouter le « tout bagnole » qui a vu le Conseil départemental (CD66) investir massivement dans une infrastructure routière structurellement congestionnée. Ainsi, une série de rocades et de voies de contournement ont été construites autour de Perpignan, mais sans jamais que ce réseau puisse être comparé à un « périphérique ». Dans les années 2000, le CD66 lance, en partenariat avec les communes de Perpignan, Cabestany et Saleilles, un projet de rocade reliant la D617 à la route d’Elne, au niveau du Mas Balande récemment transformé en zone d’activité.
Ce projet intégrait une nouvelle route le long du Pou de les Colobres, doublant la route d’Elne et évitant de la rénover et de la sécuriser entre le Moulin à Vent et le Mas Balande[1].
Concertée, l’association Vélo en Têt avait qualifié ce projet de « délirant »[2].
Vélo en Têt répondra à l’enquête publique concernant cette route et parlera notamment du problème de la « fluidification »[3]. Par contre, l’association ne participera pas aux enquêtes publiques et concertations concernant les rectifications des PLU de Perpignan et de Cabestany.

Début 2007, lors d’une soirée au centre culturel de Cabestany autour du projet « Cabestany 2020 », ce projet de route et de développement de zones d’activité fut présenté par Jean Vila, maire de Cabestany, et un responsable en charge de l’urbanisme. Le projet fut valorisé et la capacité de travail en commun des maires des 3 villes concernées vantée.
À titre accessoire, ma tête est visible dans la photo d’illustration prise lors de la réunion et utilisée par la mairie pour la communication dans le bulletin municipal.

La nouvelle route rendait accessible aux automobiles la zone de la Coulomine et de la Cote du Sergent. Ces zones n’étant que des friches agricoles et étant en bordure d’un futur écoquartier, il paraissait judicieux, dans la tête des élus, de récupérer ces terrains et d’en faire des zones d’activité, offrant des emplois aux habitants du sud-est de Perpignan. Les PLU seront donc modifiés en conséquence.

Les habitants s’opposent

la carte de la rocade Est
La carte de la rocade Est

La construction d’une route nécessite des opérations de concertation et au minimum une enquête publique. Et pour ce faire il faut prévenir en amont les habitants impactés par le projet.
Et le problème avec les habitants c’est qu’ils n’ont pas toujours la même vision des choses que les élus.
Et dans le cas de la rocade Sud-Est c’est le moins que l’on puisse dire.

Partant de la D617, la nouvelle rocade devait longer le Mas Llaro et ses villas cossues. Certes, la déserte du secteur était grandement améliorée. Mais la promesse d’une amélioration des conditions d’accès au secteur ne fut pas suffisante, même si elle était demandée à l’époque[4]. En effet, le cadre de vie du quartier aurait été fortement impacté par le ballet incessant des voitures. Clairement, les nouvelles infrastructures routières créées sous l’ère Bourquin-Alduys ont rapidement été saturées, nécessitant la création de nouveaux axes pour fluidifier la circulation. Il était évident que les habitants que la rocade Sud-Est connaîtrait le même sort. Ils s’opposèrent donc fermement et le firent savoir. Le poids politique du quartier fit le reste. Le projet de rocade fut abandonné. Dans le même temps, Bourquin quitta le CD66 pour la présidence du Conseil régional et Alduys alla s’enfermer dans la tour d’ivoire de l’Hôtel d’agglomération.

La zone de la Cote du Sergent en 2020, des terrains voués à la construction
La zone de la Cote du Sergent en 2020, des terrains voués à la construction

Mais en 2009 les modifications des PLU furent présentées. Des recours devant les tribunaux administratifs furent déposés et en 2019 certaines procédures étaient toujours en cours. En 2020 la mairie votait la création de la ZAC du Pou de les Colobres. Un seul élu vota contre, Brice Lafontaine, LREM. Contacté via Facebook pour comprendre les motifs de son vote, il déclara simplement s’opposer à la destruction de la pinède. Une volonté de défense de l’environnement peu partagée par les élus du département.

Un écoquartier dépassé avant même de naître

Le terrain devant accueillir le futur écoquartier
Le terrain devant accueillir le futur écoquartier

Il est des modes comme des hommes politiques, elles vont et viennent. Parfois les modes et les hommes politiques se rencontrent. Ce fut le cas pour l’écoquartier du Pou de les Colobres.
Les années 90 furent marquées par le développement d’écoquartiers un peu partout en France. Jean-Paul Alduys, qui était plus ou moins urbaniste, ne pouvait passer à côté de cette vague. Ainsi, au pied du Moulin-à-Vent, ville nouvelle créée par Paul Alduys dans les années 60, la création d’un écoquartier devait répondre à la volonté de Jean-Paul Alduys.
Un simple rond-point permettra de lier l’œuvre du père à celle du fils.

Le quartier est dense, 4 à 5 000 habitants, près de 12 000 habitants au kilomètre carré. C’est beaucoup. Surtout pour une ville avec une densité de près de 1 800 habitants au kilomètre carré.
Un collège était prévu, mais cette partie-là du projet sera vite abandonnée.
Ces néoperpignanais devaient fournir les employés et les clients de la zone d’activité.
L’écoquartier se voulant qualitatif, les logements auraient été plus chers que la moyenne de la ville, une classe moyenne désireuse de s’entasser dans des clapiers à lapin s’y serait installée, apportant avec elle son « pouvoir d’achat ».
Sans doute faut-il voir dans ces nouveaux arrivants les cadres barcelonais que le TGV et le Théâtre de l’Archipel devaient attirer. Tous ces projets sont concomitants et témoignent de la même vision de l’aménagement du territoire et du développement économique. Une vision qui peut se résumer à une fuite en avant vers un toujours plus quantitatif qui cache un toujours moins qualitatif.

15 ans après son lancement, ce projet n’en est réduit à une simple ZAC, sans plus aucune ambition ni écologique, ni économique. Juste du béton et de la promotion immobilière « bas du front ».

L’urbanisme : le grand absent de la pensée politique locale ?

L’aménagement du territoire, l’urbanisme, la mobilité sont les grands absents de la campagne municipale de 2020.
Les programmes des différentes listes qui se sont présentées sur les communes n’ont abordé ces sujets que de façon superficielle. Faut-il construire de nouveaux lotissements, et où ? Doit-on développer les transports en commun ? Comment arbitrer entre le vélo et la voiture ?
Les débats de fond sont évacués, non pas tellement du fait d’une complexité supposée ou réelle, mais du simple fait du malaise intellectuel que ces débats provoquent chez ceux qui les découvrent. Accepter l’idée que d’un point de vue conceptuel, ou même pratico-pratique, une ville taillée pour la voiture sera très similaire à une ville taillée pour le vélo peut nécessiter de gros efforts intellectuels[5].
Comme d’autres domaines de savoir, l’urbanisme fait l’objet de croyances et lorsqu’une personne doit choisir entre les faits et les croyances, elle choisit prioritairement ses croyances. La seule réponse à ce problème est l’éducation populaire, mais pour ce qui touche à l’urbanisme, à l’aménagement du territoire ou à la mobilité, qui en fait ?
Pas grand monde et surtout pas à Perpignan.

Alors que certains, un peu partout en Occident, débattent du droit à la ville, à Perpignan on ne pense pas, on compte. À croire qu’ici personne ne veut que la ville redevienne un bien commun.

Le terrain devant accueillir le futur écoquartier en 2020

Liens et sources

Documents d’urbanisme

Le site Géoportail de l’urbanisme : https://www.geoportail-urbanisme.gouv.fr/map/#tile=1&lon=2.424722&lat=46.76305599999998&zoom=6

Le PLU de Perpignan : https://wxs-gpu.mongeoportail.ign.fr/externe/i9ytmrb6tgtq5yfek781ntqi/telechargement/prepackage/PACK_DU_66136_fc9098fe3f2d926b3f60fee65c07dafc/file/66136_PLU_20170414.zip/p>

Le PLU de Cabestany : https://wxs-gpu.mongeoportail.ign.fr/externe/i9ytmrb6tgtq5yfek781ntqi/telechargement/prepackage/PACK_DU_66028_79b3b591caed3115c51977ceeaa41557/file/66028_PLU_20180215.zip

Le projet d’écoquartier : https://www.mairie-perpignan.fr/fr/demarches/urbanisme-amenagement-habitat/operations-damenagement/pou-les-colobres

Rocade Sud-Est

L’avis de Vélo en Têt en 2010 sur le projet de rocade : https://veloentet.fr/node/168

Critique des écoquartiers

Article sur le site de Reporterre : https://reporterre.net/Les-eco-quartiers-ne-sont-pas-vraiment-ecologiques

Dossier de la revue Métropole : https://journals.openedition.org/metropoles/6017

Notes

Note 1
Cette section de route était propriété de l’État qui à l’époque ne semblait pas intéressé par des travaux d’élargissement. Il était donc plus facile et plus rapide pour le CD66 de réaliser une nouvelle route que de discuter avec l’État. 15 ans plus tard les bouchons persistent.
Note 2
https://veloentet.fr/article/rencontre-avec-le-cg
Note 3
https://veloentet.fr/article/la-fluidification
Note 4
https://www.lindependant.fr/2011/12/14/le-mas-llaro-unique-et-insolite-vit-dans-l-indifference-polemiques-autour-du-mas,95409.php
Note 5
https://www.puf.com/content/Lurbanisme
Basiquement une ville s’étend sur une distance qui peut être parcourue en une heure depuis son centre. Cette distance s’apprécie en utilisant le mode de transport dominant. Cette règle est fréquente dans le temps et l’espace. Dans les agglomérations les cyclistes se déplacent à des vitesses moyennes similaires à celle des automobilistes. Favoriser l’un ou l’autre de ces modes de déplacement n’aura donc que peu d’effet sur l’étalement urbain par exemple.
De plus le vélo comme la voiture impliquent des modes de déplacement de point à point, ce qui favorise l’habitat individuel. À l’inverse les transports en commun favorisent l’habitat collectif et groupé.

lundi 27 janvier 2020

Communiqué Pacte pour la transition Perpignan Respir’Action devant le Collège Jean Macé

Des citoyens du collectif Pacte pour la Transition Perpignan accompagnés par les représentants de la Fédération Départementale des Parents d’Élèves, (FCPE) organisaient ce lundi 27 janvier 2020 une action visuelle et symbolique à la sortie des classes du collège Jean Macé, situé boulevard des Pyrénées.
Ce groupe scolaire qui avec l’école primaire Jules Ferry, accueille plus de 900 élèves, est directement exposés à la pollution quotidienne du trafic automobile.

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lundi 13 janvier 2020

Qui est Jean-Bernard Mathon

Voici la biographie, autorisée, de Jean-Bernard Mathon, candidat aux élections municipales de 2020 à Perpignan.
Il est co-tête de liste de « l’Alternative ! Perpignan écologique et solidaire » avec Caroline Forgues.
Tous mes remerciements à Jean-Bernard Mathon et à Fabricio Cardenas pour leur aide.

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samedi 9 novembre 2019

Pour L’Alternative !, le train est notre avenir !

Communiqué de presse de la liste L'Alternative ! Perpignan écologique et solidaire.

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dimanche 20 octobre 2019

Mobilisation pour la sauvegarde des terres agricoles le samedi 19 octobre 2019

En face de la clinique Saint-Pierre, l’usine de matériaux routiers ROUSSILLON ENROBES envisage une extension de ses stockages de matériaux. Pour le permettre, la commune de Saint-Estève a modifié son Plan Local d’Urbanisme pour rendre possible cette extension sur 8 hectares, aujourd’hui des terres agricoles qui seront perdues si le projet se faisait.

On continue de grignoter la ceinture agricole de Perpignan, déjà mitée par l’extension urbaine, les zones commerciales, les rocades ! Arrêtons cette course en avant, préservons notre capacité alimentaire locale !

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mercredi 16 octobre 2019

Lettre ouverte aux écologistes de Perpignan et au-delà.

L’Assemblée citoyenne, créée sur la place Rigaud le 14 septembre 2019, présente une liste pour les municipales de Perpignan en 2020 : L’Alternative ! Perpignan écologique et solidaire. L’Alternative se place résolument dans l’urgence climatique et portera un programme ambitieux de transition écologique et énergétique. Elle déclinera dans son programme le Pacte pour la Transition porté par un regroupement de 50 associations au niveau national.

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vendredi 5 avril 2019

Mon avis sur la révision du PSMV

En mars 2019 un enquête publique pour la révision du plan de sauvegarde et de mise en valeur du secteur sauvegardé de Perpignan. Voici le texte que j’ai envoyé au commissaire enquêteur le 3 avril 2019.

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dimanche 9 décembre 2018

Marche pour le climat : 1200 personnes à Perpignan

Le samedi 8 décembre 2018, plus de 1200 personnes se sont réunies à Perpignan pour participer à la Marche pour le Climat.
Le but de cette marche est de rappeler l’urgence climatique et d’inciter les gouvernants à agir.

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lundi 5 novembre 2018

Nous voulons des coquelicots

Le vendredi 2 novembre, à 18h30, une vingtaine de personnes s’est réunie devant la mairie de Perpignan pour dénoncer l’usage des pesticides.
Ce rassemblement a eu lieu en réponse à l’appel du mouvement « Nous voulons des coquelicots ».

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dimanche 14 octobre 2018

300 personnes pour le climat à Perpignan

La matinée du samedi 13 octobre 2018 a été marquée par deux événements en lien avec la lutte contre le changement climatique.

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dimanche 9 septembre 2018

Vélorution à Perpignan pour le climat

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Samedi 8 septembre, à l’appel de vélo en Têt et d’Alternatiba 66, une vélorution a eu lieu à Perpignan.
Plus d’une centaine de personnes s’est déplacé pour montrer l’importance de la lutte pour le climat et s’opposer au projet du gazoduc entre la France et l’Espagne.
Près de 80 cyclistes ont participé à la vélorution qui a fait le tour du centre-ville, en passant par la gare.

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mardi 19 juin 2018

Nou-S Perpignan lance son appel

Le samedi 16 juin 2018, au pied de la statue de François Arago lançait un appel en vue de bâtir un projet démocratique, social, solidaire et écologique pour Perpignan.

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jeudi 17 mai 2018

Le Bus EMIN pour le revenu minimum à Perpignan

Parti de Bruxelles pour un grand tour d’Europe, et de retour d’Espagne un bus européen EMIN est passé le 14 mai à Perpignan.

Ce fut l’occasion d’une journée associative, musicale et de débats citoyens.

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mardi 10 avril 2018

Gazoduc STEP : un bilan complaisant après une fausse concertation

Le Collectif contre le projet de gazoduc transfrontalier communique.

 

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mercredi 4 avril 2018

Respiraction à Perpignan

Le mercredi 4 avril 2018, à l’appel des associations Alternatiba66 et Vélo en Têt, près d’une quarantaine de militants s’est réunie devant le collège Macé pour une respiraction.

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dimanche 1 avril 2018

Alternatiba66 et Vélo en Têt organisent une Respiraction !

Mercredi 4 avril 2018 à 11h30, pour dire non à la pollution atmosphérique. Il n’y a pas de fatalité. Dans ce but, la plateforme inter-associative porte de nombreuses propositions à inscrire dans les politiques publiques du Plan Climat Air Énergie Territorial (PCAET) de la communauté urbaine de Perpignan, en cours de préparation. Organiser autrement les déplacements dans l’agglomération, pour répondre aux impératifs de santé publique et de préservation du climat, c’est possible.

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jeudi 29 mars 2018

Nous n’en poumons plus !

Les propositions pour le PCAET

Dans le cadre de la préparation du Plan Climat Énergie Air Territorial de Perpignan Méditerranée Métropole, les associations Alternatiba66 et Vélo en Têt se sont associées pour l’organiser des événements de sensibilisation du grand public.

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samedi 24 mars 2018

Des citoyens offrent un banc à la mairie de Perpignan

Déambulation festive avec un banc dans le centre-ville de Perpignan

Le samedi 24 mars 2018, un collectif d’associations et de citoyens a offert un banc à la mairie de Perpignan.
Le but de cet événement festif était d’alerter sur la situation à Perpignan, ville qui voit les bancs publics disparaître petit à petit.

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mardi 23 janvier 2018

Non au Midcat !

Lundi 22 janvier 2018 avait lieu l’avant-dernière réunion de concertation sur le projet de gazoduc qui doit traverser les Pyrénées-Orientales et l’Aude.
Le collectif « Non au gazoduc » était présent pour montrer son opposition.

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lundi 15 janvier 2018

Communiqué du collectif « Sauvons le Théâtre municipal de Perpignan »

Théâtre municipal de Perpignan : le maire doit renoncer à son projet !

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