Écofascistes

Soumis par philPoisse le sam 16/05/2026 - 21:26

« En somme, dans l’écofascisme, la peur de l’autre s’est traduite par une profonde angoisse vis-à-vis du changement, et vice versa : la peur de perdre non seulement son mode de vie mais aussi ses racines et son identité. […] Une fois que le négationnisme climatique traditionnel sera devenu intenable, ce qui continuera d’être l’objet du déni, c’est l’idée selon laquelle les nations historiquement les plus responsables des émissions de gaz à effet de serre ont une dette envers les pays du Sud, les plus frappés par ces émissions. »

Francesca Santolini, Écofascistes. Quand l’extrême droite s’empare de l’écologie.

L’autrice

Francesca Santolini est une journaliste et essayiste italienne spécialisée dans les questions d’écologie, de climat et de leurs implications politiques. Elle écrit notamment pour La Stampa et La Repubblica. Dans ses travaux, elle analyse la manière dont les enjeux environnementaux sont récupérés, transformés ou instrumentalisés par les pouvoirs politiques et les mouvements idéologiques.

Écofascistes. Quand l’extrême droite s’empare de l’écologie est son premier livre traduit en français.

Le livre

Très accessible tout en restant solidement documenté, Écofascistes revient sur certaines origines de la pensée écologiste et sur les liens qu’elle a pu entretenir avec des courants réactionnaires ou autoritaires. Le lecteur croise ainsi Ernst Haeckel, créateur du mot « écologie » et défenseur de l’eugénisme, Julius Evola, qui se définissait lui-même comme « superfasciste », ou encore Marine Le Pen et sa « Nouvelle Écologie ».

Le livre montre comment certaines notions issues de l’écologie politique peuvent être détournées vers des logiques identitaires. Le passage de concepts comme « l’écologie profonde », pensée à l’origine dans une perspective égalitaire, vers une « écologie totale » ou l’ecobordering, au cœur de certains courants écofascistes contemporains, est particulièrement bien expliqué et illustré par des exemples actuels.

Le principal intérêt du livre est de mettre en lumière la récupération politique des enjeux climatiques par l’extrême droite et les discours identitaires. Une lecture utile pour comprendre un phénomène idéologique en progression dans plusieurs contextes européens.

Interview de Francesca Santolini par Blast